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Pour les Allemands, Bruyères représente une sanglante défaite. En une semaine de combats ils ont perdu prés de 1500 hommes dont 645 prisonniers. Le commandement américain décide que le moment est venu de déclencher une grande offensive pour prendre la Meurthe de St Dié au nord. La 3ème Division en réserve depuis 10 jours attaquera par la vallée des rouges eaux. La 36éme Division occupant un front allant du Tholy à Belmont. Samedi 21 octobre• Les 2ème et 3ème bataillons du 442ème tentent de prendre la côte 505 du Landrebec. Appuyés par un tir d’artillerie, qui provoquera la mort de 80 Allemands, à midi ils prennent possession des lieux. L’ennemi décroche. A 15h ils se situent au lieu-dit « La Broquaine ». Le 2ème bataillon reste stationné en réserve et le 3ème se porte au nord est, au lieu- dit le « Cul des Loches » pour nettoyer une poche de résistance logée entre Belmont et le 100ème Bataillon. • Le 100ème Bataillon progresse sur la ligne de crête du sentier des duc, en forêt de Borémont. Il a pour objectif la croix Thomas au dessus de Biffontaine. A 15h il y parvient, des éclaireurs leurs annoncent que les Allemands sont devant et sur le coté. Ils risquent de se retrouver isolés. Mais le commandement leur demande d’établir un cercle de défense. • Sur Brouvelieure le 179ème R.I. de la 45ème Division vient de prendre la cote 511, Fouchon. Un tir de barrage s’abat sur Brouvelieure, le 179ème lance l’offensive sur les quartiers ouest du village et se rend maître d’un tas de ruines. Au total 22 000 obus sont tombés sur la commune. |
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Dimanche 22 octobreLe 100ème devra prendre les hauteurs nord et ouest de Biffontaine ( la crête de Chétimont et la Tête de la vielle Corre ). Le 3ème Bataillon attaquera le village en traversant de la gauche par la croix Thomas. Le 7ème d’infanterie de la 3ème Division avancera au nord de Belmont. Le 143ème d’infanterie se déplacera vers Biffontaine à travers la vallée entre Les Pouliéres et La Chapelle. Le 141ème partira de Belmont pour gagner l’éperon boisé qui domine Vanémont, sur la gauche de la division. Le 111ème Génie, appuyé par le 232ème Génie construira des routes pour assurer le ravitaillement. L’état major américain a demandé des guides F.F.I. pour accompagner le 141ème et les 2ème et 3ème bataillons du Texas. • Le 100ème pivote sur sa droite depuis la croix Thomas, la compagnie C occupe la Tête de Chétimont, la compagnie A la Tête du Bacon. La compagnie B prend position de l’éperon situé au sud ouest de Biffontaine, de manière à pouvoir attaquer au mortier la route au sud de Biffontaine. Vers 12h les trois compagnies fondent sur Biffontaine, l’ennemi voyant la manœuvre contre attaque violemment appuyé par l’artillerie et la D.C.A. Le 100ème Bataillon est stoppé et se trouve dans une situation critique, privé de ravitaillement car les 2ème et 3ème Bataillon du 442ème restent bloqués à la croix Thomas et au col de l’Arnelle. Les tentatives de ravitaillement à l’aide de blindés, échouent, la pluie et la boue perturbent la progression de ces véhicules et les rendent vulnérables face à l’ennemi. Seule une section de ravitaillement à pied réussi à percer mais ne trouvant pas le 100ème dépose son chargement au niveau de la croix Bleue avant de rebrousser chemin. • A 8h30 le 3ème Bataillon du 442ème monte avec trois compagnies depuis le « Cul des Loches » en direction de la croix Thomas. A 12h, au niveau de la Croix de Frésimont, les troupes sont attaquées de face, de gauche et de la Croix Thomas • A 8h30 le 2ème Bataillon du 442ème grimpe à travers la forêt depuis la Broquaine, pour couvrir le flanc droit du 100ème Bataillon. Les compagnies E et F sont canardées par une centaine d’Allemands qui ont investi les surplombs du col de l’Arnelle pendant la nuit. A la fin de la journée le 100ème est isolé et à court de munitions. |
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Lundi 23 octobreLe commandement de la 36ème Division ordonne que Biffontaine doit être pris aujourd’hui. Les hommes de la compagnie B du 100ème découvrent le ravitaillement déposé la veille à la croix Bleue, 350m en arrière de leurs positions. Cette découverte va soulager le Bataillon. A 10h toutes les compagnies repassent à l’attaque. La compagnie C capture dans une maison un poste de commandement des transmissions allemandes, avec Major, Lieutenant et aide d’Etat-Major. Ils saisissent aussi, cartes, armes et munitions en quantité importante. Les combats sont violents et meurtriers car les Allemands lancent une contre attaque avec des chars. En début d’après midi le village est aux mains des Hawaïens, mais ils sont encore très isolés. Retranchés, ils subissent durant la nuit de nombreuses contres attaques qu’ils repoussent que grâce aux armes saisies à l’ennemi. Elle ne prendront fin qu’à la suite de meurtriers corps à corps. Les pertes sont lourdes. A Biffontaine, le mardi 24 octobre à 10h30, le Colonel Singles reçoit par radio l’ordre de résister. Le 442ème se dirige vers l’avant, accompagné à droite par le 143ème du Texas et à gauche par le 141ème. Le 111ème Génie suivant pour construire une route de ravitaillement. La tâche s’avère très difficile car le terrain est gorgé d’eau. Après un passage de quelques véhicules la route est bonne à refaire. Il faudra travailler d’arrache pied afin de permettre aux chars de monter pour déloger l’ennemi. Le 1er Bataillon du 141ème, accompagné par Grandjean et Poirat, oblique sud-est en bordure d’une chaîne très boisée qui part de Biffontaine et se termine au dessus de Vanémont. Le Bataillon rencontre peu de résistance et progresse très rapidement. Il se trouve prés de son objectif en milieu d’après midi. |
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Une contre attaque ennemie coupe les arrières du 1er Bataillon, il se retrouve isolé et encerclé au Trappin des Saules à plus de 3Km des plus proches unités alliées. Bombardés de toute part le Bataillon perd 50 hommes au cours de cette attaque. Deux compagnies ennemies ( 700 hommes) commencent à fortifier leurs positions dominantes à la borne 6. Le sergent des transmissions du 1er Bataillon 141ème lance un court message « Pas de vivres, pas d’eau, peu de munitions, cas difficile » Les 2ème et 3ème Bataillons du 141ème, appuyés par une compagnie de tanks, engagent une contre attaque vigoureuse pour tenter une percée vers le Bataillon isolé. Ils sont repoussés à chaque offensive par un ennemi bien retranché dans des positions fortifiées. Voué à une disparition certaine, le 1er Bataillon du 141ème devient le « Bataillon Perdu » Biffontaine est toujours sous les bombardements allemands. A 17h, un groupe de ravitaillement parvient jusqu’au 100ème et les chars américains brisent les lignes de défense du village. Des éléments du 3ème Bataillon 442ème venant de l’arrière, apportent du soutient au 100ème. Les 232ème et 111ème Génie ouvrent enfin la route Belmont-Biffontaine aux véhicules. Toute la nuit les Allemands contre-attaquent, la dernière charge d’infanterie se brisera sur les défenses du 100ème et l’ennemi finira par battre en retraite. Mercredi 25 octobreBruyères reçoit toujours des salves d’obus allemands, la prudence est toujours de mise dans la ville. A Biffontaine l’heure est à la relève. Les unités du 143ème, quelques sections du 141ème, les 100ème et 3ème Bataillons du 442ème rejoignent Belmont pour se reposer. Les 2ème et 3ème Bataillons du 141ème Texas ne parviennent toujours pas à rejoindre le Bataillon perdu. Ils subissent de lourdes pertes car les Allemands sont solidement installés et difficiles à atteindre avec l’artillerie du fait de la forêt dense et de la proximité du Bataillon perdu. L’évolution de la situation est suivie par le Président Roosevelt lui-même. Il faut dire qu’il ne s’agit pas de n’importe quel régiment. Le 141ème du Texas a été crée en 1835, lors de la révolution du Texas. On connaît l’histoire de Fort Alamo, où s’illustra le colonel Davy Crockett et où le drapeau du 141ème du Texas flottait avec son unique étoile. A partir de ce moment priorité est donné au sauvetage du Bataillon perdu. |
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