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Personnalité religieuse tout autant que politique, Monseigneur Miche a joué un rôle de premier plan dans l'histoire de l'Indochine au XIXème siècle. PréambuleJean-Claude Miche voit le jour à Bruyères-en-Vosges le 9 août 1805. Ordonné en 1830, il souhaite élargir son terrain d'action. Il entre au Séminaire des Missions Etrangères de Paris (MEP) en septembre 1835. Dès l'année suivante, ses supérieurs l'envoient en Cochinchine, malgré l'implacable persécution contre les chrétiens dont il a une claire connaissance. Un parcours périlleuxCependant vu le danger de pénétrer dans ce pays, il doit à son arrivée séjourner à Bangkok. On le retrouve à Battambang au cours des années 1838, 1839. Malgré les obstacles, en 1840, il finit par se rendre en Cochinchine où il demeure deux ans auprès de Mgr Cuénot ; au début de 1842 il est envoyé auprès des ethnies des montagnes reculées de l'Ouest ; mais arrêté au moment de franchir la frontière annamite, il est emprisonné et torturé puis conduit à Hué avec d'autres missionnaires. La sentence est implacable : tous sont condamnés à mort. Toutefois, le roi diffère leur exécution, ce qui permettra à une corvette française de les délivrer en 1843. Un humanisteLa personnalité de Mgr Miche mérite d'être souligné et tout spécialement sa sérénité, son humilité alliées à une force de caractère exceptionnelle. Une anecdote est parlante : au cours de son incarcération avec l'un des compagnons, ils sont battus cruellement l'un et l'autre avec des fouets une punition terrible qui fait jaillir le sang et met les chairs à nu. Reconduits à leur cachot complètement brisé, ils pensent alors leur supplice terminé. Mais le lendemain, alors que les plaies commencent à peine à cicatriser, les bourreaux renouvellent la torture en augmentant encore la douleur :
Et il en fut ainsi ! Le missionnaireAprès sa libération, il est sacré évêque de Dansara, en 1847. Mais de nouveau pourchassé, il doit se réfugier au Cambodge. Il en profite pour nouer de très bonnes relations avec le roi de ce pays, Ang Duang qui l'autorise à regrouper les chrétiens dispersés dans le royaume sur le terrain de Pinhalu. En véritable missionnaire, il parcourt les villages échelonnés sur les rives du Mékong en essayant d'amener leurs habitants à sa foi. Mgr Miche et son rôle politiqueHomme d'église, Mgr Miche ne tarda cependant pas à devenir un diplomate écouté indispensable. Il ne se dérobe en rien lorsque sa position le conduisit à assumer un rôle politique. Il apporta un concours précieux à l'amiral de la Grandière, Gouverneur de la Cochinchine, notamment lors de la préparation du traité de protectorat du Cambodge par la France. Mgr Miche avait su gagner la confiance de Norodom, nouveau roi du Cambodge, tellement traité en vassal par le gouvernement siamois que, par exemple, un général siamois, à la tête d'une force relativement importante, logeait à la porte du palais du souverain du Cambodge le soumettant ainsi à une surveillance stricte. Mgr Miche comprit l'impossibilité pour Norodom de se libérer seul du joug du Siam. Il informa l'amiral de "l'intention certaine du roi du Cambodge de réclamer la protection de la France". La Grandière sachant le danger de voir l'influence du Siam "s'affermir au Cambodge", saisit l'occasion d'intervenir. Accompagné de Mgr Miche, l'amiral rendit une visite diplomatique à Norodom, le 4 août 1863 et lui offrit le protectorat français. Sa majesté demanda un temps de réflexion pendant lequel l'amiral élabora un projet de traité qu'il chargea Mgr Miche de traduire et d'en expliquer la portée au roi. Puis, le 11 août, tous deux se rendirent à nouveau chez Norodom, à Oudong, la capitale du royaume. Convaincu, le roi accepta toutes les clauses de ce projet de contrat que Napoléon III ratifia dès l'année suivante. Excellent diplomateEn plusieurs autres occasions il facilita les rapports diplomatiques entre Norodom et le roi du Siam ou entre Norodom et l'amiral. Au mois d'octobre 1864, Mgr Miche vint résider à Saïgon, comme vicaire apostolique de la Cochinchine. La liberté d'expression religieuse avait succédé à la persécution grâce aux négociations entre Tu Duc roi d'Annam et le gouvernement français. Soutenu par l'amiral de la Grandière, Mgr Miche favorisa encore l'établissement en Cochinchine des frères des Ecoles Chrétiennes, des religieuses de Saint-Paul de Chartres ou des Carmélites qui purent consolider leur installation. Des églises furent construites. Des chrétientés se regroupèrent. Mgr Miche mourut le 1er décembre 1873. Une rue de Saïgon a longtemps porté son nom. |
Cathédrale de Saïgon |
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