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Bruyères devait posséder un hôpital depuis longtemps comme en témoigne la dénomination de "Champ de l'Hôpital" affectée à la Place Stanislas. En 1297, le testament du Duc Ferry III stipule qu'il lègue Cent Sols à la maladrerie de Bruyères, terme désignant les maisons dans lesquelles on enfermait les malheureux atteints de la lèpre.

Où se situait cette léproserie ? La tradition est muette à cet égard. Toutefois, il est permis de supposer qu'elle s'élevait sur le terrain mentionné, ou bien que ce terrain lui appartenait. Il est possible qu'après avoir servi d'asile aux lépreux, on y ait reçu des individus atteints d'autres infirmités, ou bien encore qu'on ait donné la dénomination d'hôpital à ce qui n'était réellement qu'une maladrerie. En tout cas, à part le testament de Ferry III aucun document n'en fait mention.

Le premier hôpital, fondé en 1727 par Jean-François Humbert, baron de Gircourt, était situé au pied du Château. C'est en 1767 qu'il fut transféré à l'emplacement actuel. En 1914, seront achevés les deux bâtiments que l'on voit encore aujourd'hui. Conscient des services rendus depuis deux siècles comme hôpital civil, comme hôpital militaire et même comme école des filles ou comme préventorium, l'hôpital de Bruyères, dans sa nouvelle orientation, continue de remplir sa mission.

Le soldat François Mitterand

C'est dans ces bâtiments qu'en juin 1940, le Sergent-chef François Mitterrand, futur Président de la République, se réveille avec un éclat si bien installé dans l'omoplate droite qu'il s'y trouve encore. Affaibli par le choc, François Mitterrand voit, dans une demi-inconscience, partir les soldats français et leur succéder les Allemands... François Mitterrand quitte Bruyères. pour Lunéville et se retrouve au mois d'Août dans la Hesse, au stalag IX A près de Cassel sous le matricule 27716.

Après deux tentatives d'évasion avortées, François Mitterrand réussira le 10 décembre 1941 à rejoindre la zone libre et la Résistance. Sous le nom de "Morland", il crée en Novembre 1942 le Mouvement National de Résistance des Prisonniers et Déportés et s'engage dans la carrière politique qui va le conduire en Mai 1981 à la Présidence de la République. Fin Mai 1988, il devient le premier Président de la République réélu au suffrage universel.

Ce texte est issue de l’ouvrage « Bruyères-en-Vosges, 2000 ans d’Histoire en parcourant ses rues, le guide du Chemin de la Paix et de la Liberté » de Pierre MOULIN, en vente en mairie.

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