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Fin août 1944 de longs convois Allemands formés de toutes sortes de véhicules, chargés d’équipements, de vivres et du butin de certains pillages, traversent Bruyères pendant 4 à 5 jours. Ils se dirigent vers St Dié. L’infanterie de marine allemande qui occupait Bruyères est remplacée par des Somaliens Italiens et des Erythréens. A leur tour, ils s’en iront mais Bruyères n’y gagne pas au change.

Le 5 septembre 1944 : le SIPO-SD ( sécurité du Reich) de Lyon, responsable de l’arrestation des chefs de la résistance française en 1943 se trouve au grand complet dans la cité de l’Avison : Werner Knab, Klaus Barbie, les officiers Harry Stengritt et Krüll, les collaborateurs du PPF de Doriot avec à leur tête Marcel Bergier et Charles Marandin. En plus de tout cela, une centaine de S.S. français commandés par le trop connu Müller, responsable de massacres dans le massif du Vercors, arrive le jour même à Bruyères. Toutes ces personnes s’installent dans les plus belles demeures après y avoir chassé leurs habitants.

Ce même 5 septembre 1944, Himmler effectue une visite éclaire à Gérardmer à la villa Chevalier où il a convoqué les responsables de l’armée allemande et des S.S. Deux mots d’ordre :

  • tenir coûte que coûte le massif Vosgien jusqu’au printemps 1945 et pour ce faire réquisitionner les populations civiles afin d’entreprendre des travaux de fortification ;
  • intensifier la lutte contre le maquis en accentuant les opérations de représailles à l’égard des villes et villages afin de couper les maquis de leurs bases.

A Bruyères, ces premiers jours de septembre sont rythmés par un harcèlement du maquis et particulièrement par le groupe grand-père de Beauménil. Mais les S.S. et les miliciens menés par Klaus Barbie appliquent les consignes de Himmler.

En représailles, les S.S. mettent le feu le 5 septembre à 13 heures à la scierie Marchal et cinq maisons de Champ le Duc. Les Allemands embarqueront les hommes venus éteindre l’incendie et 43 d’entre eux, dont 4 Bruyèrois, seront déportés dans les camps de la mort. Les trois quarts périront.

Heinrich Himmler

Le 6 septembre, se sentant sous la menace d’une attaque du groupe F.F.I. de Bruyères d’Albert Mercier, les miliciens et les S.S., qui stationnent à la brasserie Bexon, prennent en otage 23 habitants qu’ils enferment dans un abri anti-aérien.

Le 7 septembre, les SS brûlent des fermes ici et là.

Le 8 septembre, Barbie se rend à Réhaupal où il n’a pas encore réussi à localiser le maquis. Un détachement de soldats Allemands et de cinq miliciens Français incendie des maisons et la scierie Rivat, appliquant la même méthode qu’à Champ le duc. Ils fusillent cinq hommes et le maire M. Rivat est emmené par Klaus Barbie, son corps sera retrouvé défiguré huit jours plus tard. Un détachement se rend à Varinfête où selon le même scénario deux hommes seront abattus.

Pendant ce temps, le 6ème corps de l’armée Américaine du Général Devers arrive sur les bords de la Moselle et cherche à obtenir des renseignements afin de prendre Bruyères qui lui ouvrira la route de St Dié. Le Capitaine Justin Greene et le Major Millas dirigent le service de renseignements de la 36ème division (SSS G2).

Ils décident d’utiliser les services du révérend Joseph Thiry membre de l’intelligence service. Objectif, aller implanter un centre de renseignements sur le secteur de Bruyères afin d’obtenir régulièrement des informations sur l’organisation de la défense des Allemands sur Bruyères.

Le père Thiry et le Major Millas, accompagnés par le garde forestier Otton Rebettez, traversent les lignes allemandes et atteignent Bruyères où ils prennent contact avec Max Moulin qui accepte de créer un centre de renseignements sur place. Max Moulin reçoit le nom de code JOE 1908-2. Etant libraire, Max Moulin possède encore des cartes d’état major qu’il va explorer efficacement. Ses plans, la clarté de ses informations vont être d’une grande utilité à l’état major Américain dans les jours à venir.

Le 24 septembre, deux filles d’Epinal travaillant pour le renseignement Américain, passent les lignes et viennent annoncer à Max Moulin qu’Epinal est libéré depuis deux jours et que les troupes Américaines devraient arriver d’ici quelques jours. Max Moulin envoie le F.F.I. Emile Daniel porter un plan quadrillé de Bruyères, caché dans sa pompe à vélo, à l’état major Américain. Il passe les lignes à Deycimont.

En cette fin septembre, les Bruyèrois espèrent l’arrivée imminente des Américains. Les caves se transforment en dortoirs. Les Américains sont aux portes de la cité de l’Avison, demain Bruyères sera libre. On se trompait lourdement…

La bataille de Bruyères

Ce texte est issu de l’ouvrage « Bruyères-en-Vosges, 2000 ans d’Histoire en parcourant ses rues, le guide du Chemin de la Paix et de la Liberté » de Pierre MOULIN, en vente en mairie.


Brasserie Bexon place Stanislas


Eglise de Champ le Duc

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